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    Ecoute, mon enfant, écoute ton grand-père.

    Oh ! ne t'inquiète pas, ce n'est pas un sermon !

    C'est à peine un conseil, juste une réflexion,

    Peut-être le seul fruit qu'a mûri mon grand âge.

    Ce ne sera pas long car tout tient en deux mots

    Qui résument ma vie : Amour et Liberté ;

    Oui, liberté d'aimer et celle de penser,

    L'une répond au cœur, l'autre parle à l'esprit.

    Si l’esprit s’enrichit de tout ce qu’il reçoit,

    Le cœur, lui,  s'ennoblit de l'amour qu’il partage.

    Mais surtout sois patient, tu dois savoir attendre,

    Car un mot, un regard, un simple geste tendre

    A bien plus de valeur que tout ce qu'on peut prendre.

    Aimer, ce n'est pas prendre. Aimer... Non, c'est donner !

    Alors, mon enfant, aime ! Aime de tout ton être,

    Donne autant que tu prends, alors tu seras juste,

    Donne plus que tu prends, et tu seras heureux.

     

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    Note : Les deux derniers vers sont inspirés de Suzanne Necker-Curchod (1737-1794), qui était la mère de Madame de Staël.


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    Je lisais mon journal, dans la salle d'attente,

    Espérant que mon train n'ait pas trop de retard,

    Quand un vieillard me dit, venu de nulle part,

    D'une voix mal à l'aise,  et même chevrotante :

     

    « Le monde est bien malade et les hommes sont fous !

    Mon fils, continua ce savant philosophe,

    Sais-tu que tu vas droit vers une catastrophe ?

    Et toi, pauvre inconscient, toi, tu t'en contrefous ! »

     

    « Non, ne fais pas l'autruche ! Ouvre les yeux, regarde :

    Oui, tout part de travers à mon grand désespoir,

    Que ça te plaise ou non, je crois que mon devoir

    Est de te prévenir et de te mettre en garde. »

     

    « Avant la fin du siècle, au rythme où vous croissez,

    Vous serez huit milliards — et plus — sur la planète

    (Sauf si quelque conflit vient faire place nette !)

    Le produit des moissons, en aurez-vous assez ? »

     

    « Après avoir mangé de Gaïa, sa richesse,

    Survivre vous fera vous entre-dévorer,

    Mais il sera trop tard pour vous remémorer

    Qu'il eût fallu plus tôt cultiver la sagesse. »

     

    Heureusement mon train est enfin arrivé,

    J'ai laissé cet oiseau de trop mauvais augure

    Et ces mots dont, comme chacun, je n'avais cure,

    Car ainsi, son problème, il était esquivé.

     


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    Rouge cerise est votre bouche,

    J'aimerais tant y mordre... un peu.

    Non, il ne faut pas que ce jeu

    Vous fasse peur, vous effarouche !

     

    L'azur du ciel est dans vos yeux,

    Rouge cerise est votre bouche,

    Blonds comme blés sont vos cheveux,

    Oh ! permettez que je les touche...

     

    Mais vous me montrez le chemin...

    Vous n'êtes point sainte Nitouche !

    Rouge cerise est votre bouche,

    Quand sur vos seins glisse ma main.

     

    A l'heure où le soleil se couche,

    Osons, ma Mie, il faut oser...

    Et je vois qu'après ce baiser,

    Rouge cerise est votre bouche !

     

     

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    Cette forme est un « Maillet ».

    Elle se caractérise par un vers qui se répète en reculant d'une place à chaque strophe.


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    C'est le printemps qui frappe à notre porte,

    Illuminant les prés de ses splendeurs ;

    Dans la vallée  où naissent les odeurs

    Du renouveau que le vent nous apporte,

    La nature a ravivé ses couleurs.

     

    Vite, attachons, en guirlandes, des fleurs

    Car la saison du triste hiver est morte ;

    Laissons chanter, dans les bois, mille choeurs :

         C'est le printemps !

     

    Et le soleil, là-haut, nous réconforte,

    Par sa lumière, il réchauffe nos cœurs ;

    Ils sont partis, le froid et sa cohorte,

    Aucun regrets, et surtout pas de pleurs,

    Bon débarras... le diable les emporte !

         C'est le printemps !    

     


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    Oh oui ! Moi, je t'écoute ! Et malgré les railleurs,

    Je suis ton confident, l'ami des jours d'orage,

    Cela fait bien longtemps qu'avec toi,  je partage

    Les bruits de tes sanglots, les nuits de tes malheurs.

     

    N'as-tu pas deviné les funestes douleurs

    Qui déchirent mon âme ? Aurai-je le courage,

    Oserai-je d'un geste écarter ce nuage

    Et te dire les mots qui sécheront tes pleurs ?

     

    Certains voudront, jaloux, nous jeter l'anathème

    Quand ils auront compris que j'écris ce poème

    Pour te revoir sourire... et te faire la cour...

     

    Peut-être riras-tu de mes vers, mais qu'importe

    S'ils t'aident à trouver la clé d'or de la porte

    De ce jardin secret où fleurit mon Amour.


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