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    En mai, le blé frissonne et, sous le vent, balance,

    Le champ est vert encore et commence à jaunir,

    De son feu le soleil va le faire mûrir,

    Alors, patiemment, en attendant, il danse.

     

    Voulant imiter l'art des grands enlumineurs,

    L'été fleurit les champs, les pare de couleurs :

    Les bleuets ont jeté de l'azur goutte à goutte

    Et les coquelicots, un peu jaloux sans doute,

    Ont ajouté partout des taches de rougeurs.

     

    Et quand, un peu plus tard, survient la canicule

    Alors un courageux et hardi promeneur

    Peut entendre craquer, écrasés de chaleur,

    Les épis déjà secs que l'ardeur du ciel brûle.

     

    Autrefois — en ce temps j'étais encore enfant —,

    Fin juin, lorsque l'école arrivait à son terme,

    Mes vacances alors se passaient à la ferme

    Chez ma tante Marie et mon oncle Fernand

     

    Et surtout, oui surtout, ma cousine Jeannine,

    Nous faisions la moisson, récoltions le bon grain,

    Et puis lorsque tournaient les ailes du moulin

    Sous la meule de pierre, il devenait farine

    Pour que le boulanger puisse cuire son pain.

     

    Quand tu fermes les yeux, te souviens-tu Cousine

    De l'odeur du café montant de la cuisine

    Quand on se réveillait, très tôt, tous les matins,

    Et de ce grand bol blanc (qui nous brûlait les mains)

    Rempli de cacao pour tremper sa tartine ?

     

    Alors viens avec moi, la campagne est si belle ;

    Oh ! écoute, entends-tu le blé qui nous appelle ?

    Oui, viens et nous pourrons, pendant quelques instants,

    Redevenir enfants et remonter le temps.


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    Le Lac

     

     


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    Référence est faite à la lettre à M. De Lamoignon par Nicolas Boileau (1636-1711)

         Épîtres (1669-1698),

         Les plaisirs de la campagne (extraits).

    « Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville,

    Et contre eux la campagne est mon unique asile

    [...]

    Il me faut du repos, des prés et des forêts.

    Laisse-moi donc ici, sous leurs ombrages frais »

     

     


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  • L'aquarelle

     

     

     

     

     

     

     

    Le soleil se couchait, il était déjà tard,

    Je terminais ma promenade habituelle,

    Sur la plage marchait l'un ou l'autre traînard,

    Un artiste achevait de peindre une aquarelle :

    Le portrait délicat d'une jolie oiselle.

     

    Ce spectacle charmant attira mon regard...

    Je m'immobilisai car la jeune modèle

    Impudique exposait sa nudité sans fard,

    Son mont n'était couvert que d'un bout de ficelle ;

    Sa beauté m'éblouit, je ne voyais plus qu'elle !

     

    Je vous entends clamer : « Comment vous ! un vieillard ! »

    Oh ! Madame, pourquoi me cherchez vous querelle ?

    L'âge n'empêche pas d'aimer les œuvres d'art

    Et de garder au cœur la jeunesse éternelle.

    Dois-je fermer les yeux quand la Nature est belle ?

     

    _________________________________

    Illustration : Aquarelle d'Adrien Dupagne (1889-1980)


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