•  

    Elle avait dix-huit ans, on l'appelait Minouche,

    Elle courait les champs, nous la suivions partout,

    Elle attirait les gars car elle avait surtout

    La réputation de n'être point farouche.

     

    Et nous, nous avions tous un jour connu sa couche,

    Chacun à notre tour, on risquait son va-tout ;

    La belle enfant était curieuse de tout

    Et certes n'était pas une Sainte Nitouche.

     

    Minouche, tu n'étais pas reine des vertus,

    Mais j'adorais tes yeux, tes petits seins pointus,

    Ta façon de gémir dans les moments suprêmes.

     

    As-tu tenu les vers que j'écrivais parfois ?

    Lorsque je pense à nous,  j'entends toujours ta voix

    Quand tu me demandais d'un air mutin : "tu m'aimes ?"

     

     


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  •  

    C'est une impression étrange,
    Ne riez pas si je vous dis
    Que j'ai cru voir en vous un ange
    Venu tout droit du paradis.

     

    Oh vous ! Vous si jeune et si belle !
    Et parce que moi, je suis vieux,
    Je suis certain qu'une étincelle
    Brille tout au fond de vos yeux.

     

    J'aurai chagrin de votre absence
    Car demain vous allez partir,
    Mais il restera la fragrance
    Ineffable du souvenir.


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  •  

    Ce soir au château de Gastines,

    Hélène dort paisiblement,

    Comme la Belle au Bois Dormant,

    Attend derrière les courtines,

    L'instant où viendra son amant.

     

    Au fond du parc, la grille grince,

    Dans l'allée, elle entend des pas,

    La porte s'ouvre, il est en bas !

    Elle crie « Est-ce toi, mon Prince,

    Ô hâte-toi, ne tarde pas ! ».

     

    Un craquement : il vient, il monte...

    Dans le noir la prend comme un fou,

    Elle a son souffle dans le cou,

    Se livrant sans aucune honte

    Aussi brûlante qu'amadou.

     

    Quand il relâche son étreinte,

    Hélène reste bras pendants :

    Dans sa carotide les dents

    De l'homme ont laissé leur empreinte

    Où perlent deux gouttes de sang.

     

    Dehors, un grand éclat de rire

    à faire peur, glace la nuit,

    Au douzième coup de Minuit,

    Petit Dracula, le vampire

    Vers d'autres victimes s'enfuit.    


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  •  cabotine

    Saviez-vous que...

    Au XVIIe siècle, un certain monsieur Cabotin, bonimenteur professionnel, vendait des élixirs soi-disant miraculeux tout en déclamant des vers pour attirer l'attention des badauds. Et selon l'usage, on appelait son épouse la Cabotine.

     

    colline

    Saviez-vous que...

    Une petite colline s'appelle une collinette.  Ne trouvez-vous pas que ça sent bon le Pagnol? Ah ! qu'il était bon d'emmener la Fanny sur la crête de la collinette "tandis que la moitié d'un grand soleil rouge nous regardait à travers les pins".

    (bout de phrase empruntée à La Gloire de mon Père - Merci monsieur Pagnol)

      

    badine

    Bien sûr, vous savez que...

    "On ne badine pas avec l'amour", comme le clamait Musset. Pourtant, en la matière, Alfred a souvent eu Dupin sur la planche...

     

    copine

    Eh non ! je ne sais pas...

    pourquoi, dans ce mot au masculin, on met un "a" avant le "i". Est-ce parce qu'avec un co-pain, c'est le pain qu'on partage ?

     

    chemine

    Bon à savoir...

    "...un style juste et court, qui chemine et qui plaît au souverain degré". Oh ! que c'est joliment dit !

    N'est pas de Sévigné qui veut !

     

    combine

    Saviez-vous que...

    "Bien mal acquis ne profite jamais à celui qui n'était pas dans la combine."

    Non, ce n'est ni de Michel Audiard, ni de Pierre Dac, c'est de notre ami Pierre Perret.

     

    butine

    Lorsque le soir descend,

    La terre est rouge sang,

    Les combats se terminent

    Et les soldats butinent.

     

    Eh oui ! ça peut faire sourire...

     

    domine

    Voilà, j'ai terminé, je pars...

    Surtout, ne me demandez pas :

     

     "Quo vadis domine ?"


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  •  

    Il glisse sur l'azur tel un grand bateau blanc
    Dont le souffle d'Éole aurait gonflé les voiles,
    J'imagine qu'il va, de son mouvement lent,
    S'abriter pour la nuit dans une anse d'étoiles.

     

    Alors, moi, je le suis, sans quitter mon jardin,
    Les yeux levés au ciel, je pars dans son sillage
    Vers cet Eden où sont couchés Brel et Gauguin,
    Et je fais, immobile, un merveilleux voyage.

     

    J'écoute le silence où s'élève une voix :
    « Au soleil redouté... les femmes sont lascives... » ;
    Du bout de son pinceau, l'artiste que je vois,
    Peint « Et l'or de leur corps », aux poses expressives.

     

    Ô toi, le Cumulus, je te dis grand merci
    De m'avoir emporté tout autour de la Terre
    Sur les ailes d'un rêve, et me laisser ainsi
    Cultiver mon jardin... comme disait Voltaire.
    ____________________________________________________

     

     

    Et l'Or de leur Corps,
    peinture de Paul Gauguin (1901)
    https://art.rmngp.fr/…/paul-gauguin_et-l-or-de-leur-corps_h…

    Les Marquises, Jacques Brel (1977)
    https://www.youtube.com/watch?v=PEwmj4Mq9kc


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