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    Ton souvenir, ma Mie, habite mes pensées,

    Je revis chaque instant de nos amours passées,

    Quand souffle le zéphyr, c'est ta voix que j'entends,

    Elle fait naître en moi des éclats de printemps.

    Quand bientôt, tu viendras, l'aura de ta présence

    Brisera le néant d'une trop longue absence,

    Lors nous irons au bois. Cachés sous les rameaux,

    Mes mains te parleront beaucoup mieux que des mots

    Et je te coucherai sur un lit de verdure ;

    J'implorerai le ciel pour que ce moment dure

    Toute l'éternité quand mes doigts froisseront

    Le tissu de ta robe, épousant ton sein rond,

    Ce trésor doux et chaud que m'offre ton corsage ;

    Mes baisers, sur ton corps, partiront en voyage

    Redécouvrir ton être,  et pour les goûter mieux,

    Alors, pudiquement, tu fermeras les yeux.


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    Mes printemps sont finis et je compte en automnes 
    Le temps qui me sépare encor des froids hivers 
    Où, même dans la nuit, les yeux sont grands ouverts 
    Et l’oreille attentive aux heures monotones. 

    Lorsque, telle une enfant qui veut vaincre sa peur, 
    Tu recherches mes bras, que tu t’y pelotonnes, 
    Mon verbe vivre, alors, se conjugue en couleur. 

    Qu’importent les saisons et qu’importent les rides, 
    Quand tes yeux dans mes yeux se glissent en douceur, 
    Que ta main dans la mienne instille sa chaleur, 
    Les soucis quotidiens nous laissent impavides. 

    Paix et sérénité règnent dans mon esprit, 
    Car depuis que je sais que c’est toi qui me guides, 
    Je vois sur mon chemin la neige qui fleurit.

     


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                      « Le meilleur moment de l'amour, 

                         c'est quand on monte l'escalier. »

                                   (Extrait d'une lettre que Sacha Guitry a écrite

                                    le 10 octobre 1913 à son ami Paul Roulier-Davenel) 

     

    Une cour, un escalier

    Couvert de géranium-lierre,

    Un tout petit banc de pierre,

    Et tout là-haut, un palier...

     

    Elle s'appelait Suzette.

    C'était un mardi, je crois,

    Et pour la première fois,

    Nous allions dans sa chambrette.

     

    Devant mes yeux ébaudis,

    éblouis par sa démarche,

    Elle montait chaque marche

    Conduisant au paradis.

     

    Elle balançait les hanches ;

    Lorsque je levais les yeux

    Je découvrais le précieux

    Trésor de ses cuisses blanches.

     

    Et j'imaginais déjà,

    Mignonne petite chose,

    Son beau corps lascif et rose,

    Nu sur le satin du drap. 

     

    Et qu'elle voulait sans cesse

    Me couvrir de ses baisers

    Passionnés, brûlants, osés

    Me grisant jusqu'à l'ivresse.

     

    Jamais je n'ai raconté

    Comment finit notre idylle :

    De Suzon, le domicile

    était fort mal abrité.

     

    On voyait même la lune

    Par les fentes du plafond,

    Des souris couraient au fond

    D'un pauvre lit de fortune.

     

    L'endroit n'étant pas chauffé,

    Coquin de sort, la coquette,

    Pour éviter la "grippette"

    Ne m'a donné qu'un café !    


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                                              Mieux vaut viser Rimbaud ou La Bruyère

                                              et rester loin derrière

                                              que viser Bordeaux ou Feuillet ou Sartre ou Eugène Sue

                                              et risquer de les atteindre

                                                                                                 Jean d'Ormesson

     

     

    Ghislaine :

     

    Allons, Edgard, voyons ! Fais un effort,

    Huit petits mots ! Est-ce si difficile !

    Moi qui croyais — peut-être avais-je tort —

    Que dans ce jeu, tu serais plus habile !

     

     

    Edgard :

     

    J'ai beau chercher, me torturer l'esprit,

    Et m'incliner longuement sur ma planche ;

    Non ! C'est en vain car je n'ai rien écrit,

    Pas un seul vers, ma feuille reste blanche ! 

    J'ai beau lutter, me battre avec tes mots,

    Contre le sort, sans faiblir, je m'escrime ;

    Ma muse est sourde à mes tristes sanglots

    Et plus jamais ne me souffle une rime.

     

     

    Ghislaine :

     

    Que voudrais-tu ? Que je verse des pleurs ?

    Que je te plaigne ou que je te fustige ?

     

     

    Edgard :

     

    Oh ! ne ris pas surtout de mes malheurs !

    Je fis jadis de la haute voltige ;

    J'ai composé plus d'un alexandrin

    Pour conquérir le cœur des demoiselles,

    Et, bien souvent, les posais dans l'écrin

    Des plis soyeux des robes de dentelles.

     

     

    Ghislaine :

     

    Hé là ! Edgard ! Le passé... c'est passé !

    Pour moi, tu sais que seul l'avenir compte.

    A t'écouter, tu sembles dépassé

    Par le présent ! N'as-tu pas un peu honte ?

     

     

    Edgard :

     

    Oh, j'aimerais t'écrire un madrigal,

    Rien qu'une strophe, et te l'aurais offerte,

    Mes quelques vers, poème bien banal,

    Seraient entrés par ta porte entr'ouverte ;

    Je t'aurais dit : « Tes yeux sont des diamants

    Dont les éclairs éclipsent les étoiles,

    Et ton regard me fait mille serments,

    Tendres aveux de promesses sans voiles.

    Oh ! j'aimerais savoir, rien qu'une fois,

    Peindre les fleurs naissant dans ton sourire

    Et le velours chatoyant de ta voix

    Plus précieux que l'air que je respire. »

    Mais à présent, je suis devenu vieux,

    De l'art du flirt, je n'en ai plus les bases,

    Alors, vois-tu, je pense qu'il est mieux

    De te quitter avant que tu m'embrases !


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    Ce n’est pas un château, plutôt une chaumière, 
    Une façade rose et des volets ocreux, 
    Un petit nid tranquille au bord d’une rivière 
    Dans un endroit désert où l’on peut vivre heureux. 

    Au fond de la cuisine, un bon gros chien sommeille 
    Devant l’âtre, couché, réchauffant son vieux corps. 
    Les meubles sont frottés à la cire d’abeille 
    Et dans le vaisselier, quelque bonne bouteille 
    Est prête pour l’ami quand il fait froid dehors.


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