C'est un endroit charmant, un petit parc tranquille, Un écrin de verdure où chantent les oiseaux, En son centre un bassin fait cascader ses eaux, Il est une oasis au milieu de la ville. "Larguez le perroquet, hissez les cacatois !" Un gamin s'imagine...
Le Temps coule, au début, comme coule un ruisseau, Il s'amuse, il musarde au gré de sa jeunesse, Il badaude, il se sent libre comme un oiseau Et le Temps prend son temps puisque rien ne le presse. Il gonfle, il s'amplifie et devient un torrent, Il se...
Ma douce Hélène, as-tu des ailes d'ange Lorsque tu viens planer sur mon sommeil Tel un oiseau dont le chant sans pareil Aux arias de mon cœur se mélange ? Quand je m'endors, je fais ce rêve étrange Qu'à mes côtés, tu guettes mon réveil, Ma douce Hélène,...
Ô toi, timide fleur des champs, Toi, bouton d’or qui, sans conteste, Est un messager du printemps, Tu sais pourtant rester modeste. L’or dont tu portes la couleur, Il est le soleil de Provence, La promesse de la chaleur D’un été qui vient en avance. Tu...
Depuis la nuit des temps, je t’aime et je t’admire Comme un astre lointain qui brille au firmament, J’attendrai, s’il le faut, longtemps, infiniment, De toi, juste un regard. Alors, pour te le dire : J’ai mis dans un écrin l’éclat d’un clair de lune Couché...
Mai nous revient ! En ce doux mois Qu’il est bon de conter fleurette Et de choyer la midinette Qui rêve d’un amour courtois. Aussi parcourais-je les bois En quête de quelque clochette Afin d’embabouiner Juliette, Une fille au joli minois. Mais quand je...
Tes yeux ont la couleur Verte de l’espérance D’un matin qui commence Ils en ont la douceur Sur ta lèvre, le goût Poivré de la cannelle Petite fleur charnelle M’enivre plus que tout Au berceau de tes bras Les heures sont trop brèves L’attente de mes rêves...
Quand les réalités sévères, Plus tard, apportant la douleur, L'une après l'autre de son cœur Arrachent les douces chimères, L'âme du poète attristé S'abat, pareille à la tempête, Et poursuit d'une aile inquiète Un avenir désenchanté. Charles Dovalle (1807-1829)...
La critique est aisée et l’art est difficile. C’est là ce qui produit ce peuple de censeurs, Et ce qui rétrécit les talens des auteurs. Philippe NÉRICAULT DESTOUCHES (1680 - 1754) Le Glorieux, Acte II, Scène V (extrait) Pour vous, mes bons amis qui, par...
Une rose en mourant vient poser un pétale Sur la page du livre ouvert sur mes genoux, Et dans le clair-obscur de l’ombre qui s’étale, Resurgit le passé : je me souviens de nous. Assis l’un près l’autre, à l’abri de la treille, Nous avions des projets,...
Malicieusement, Cupidon tend son arc, L’archerot, aux aguets, a repéré sa cible : Une fille, un garçon qui, de l’ombre d’un parc, Sont venus partager l’intimité paisible. Il est si jeune encore, elle n’est qu’une enfant, Et leurs élans sont faits d’une...
Les prés sont refleuris, le printemps nous appelle, Viens, nous nous assoirons derrière la chapelle, Le ruisseau, l’arbre creux, le banc, rien n’a changé Depuis qu’un jour d’avril, nous avons échangé Notre premier baiser. T’en souviens-tu ma Douce ? Viens,...
Quand tu me parles de gloire, Je souris amèrement. Cette voix que tu veux croire, Moi, je sais bien qu'elle ment. Victor Hugo (Les rayons et les ombres) Le savant Archimède est mort à Syracuse Alors qu’il ne tenait qu’un bâton à la main, Le vieillard...
En plus des taches de rousseur, Constellation sur ta joue, J’aime surtout, je te l’avoue, Tes boucles en accroche-cœur. J’adore aussi ton air moqueur Lorsque tes lèvres font la moue, Et plus encor lorsque je joue Avec tes doigts, tout en douceur. Moi,...
Poème inspiré par celui de Fabrice Néo : " Mets ta belle robe " Au milieu d’une chambre, en son univers gris, Une femme est debout, ses bras sont amaigris, Elle regarde au loin par la fenêtre ouverte Le ciel trop bleu pour elle et la forêt trop verte....
La nature a son air mutin, Le tout premier papillon vole, Le narcisse ouvre sa corolle Pour fêter l’éveil du matin. Au loin, s’entend l’âne Martin Qui nous chante une carmagnole Avec sa voix de casserole : Il réclame son picotin ! Pour l’expression orchestrale,...
Tes cheveux sont l’hiver qui recouvre de neige Les sillons qu’a creusés le passé sacrilège Et qu’appose à ton front, le temps, jour après jour, Comme on entaille un tronc des traits de notre amour. Tes mains sont la douceur, la paix du vent d’automne,...
Cousine Je vais vous raconter ce qui m’est arrivé, Je n’ai rien inventé, rien n’est enjolivé, Je peux le garantir, l’histoire est véridique ; Peut-être que certains trouveront ça comique. Nous étions en avril, dimanche s’achevait, Le temps était maussade...
À la pointe du jour, le soleil, hésitant, Cherche timidement à traverser la brume, Un souffle d’air léger que le lilas parfume Inonde la clairière où somnole un étang. Le vent caresse l’onde et la fait frissonner, Au dessus des roseaux, vole une libellule...
Midi nous écrasait de sa chaleur torride, On entendait au loin les hi-hans d’un ânon Quand nous avons fait halte au nord du Parthénon, J’étais assis au pied d’une cariatide, L’air qui montait du sol brouillait le paysage Et mes yeux se fermaient alourdis...
Que n’ai-je l’art des troubadours Pour te chanter des ritournelles Aussi douces que le velours Du roucoulis des tourterelles. Turner, venez à mon secours, Enseignez-moi les aquarelles, Je peindrai nos belles amours Afin de les rendre éternelles. Mais...
Cela fait quelques mois, Peut-être deux ou trois, Qu’habite à mon étage Un bien joli minois. Pouvais-je rester sage ? L’autre jour, en partage, Nous prenons l’ascenseur, Fort serrés dans la cage. Son corps a la senteur D’une amourette-en-fleur, Et son...
Cinq ou six vieux corbeaux, serrés sur une branche, Curieux et surpris, un moment, se sont tus Quand l’orateur prêta tant et tant de vertus à ce mort qui gît-là, couché sous une planche. La veuve, un ange noir, avance sans un pleur, Et sur le grand trou...
Maître Corbeau, là-haut, sur un grand chêne, N’avait plus rien à mettre dans son bec ; « Eh, l’ami ! Vous pleurez ? Je vous vois bien en peine ! êtes-vous démuni quand ma besace est pleine ! N’avez-vous pas le gosier sec ? Allons, venez faire ripaille...
Si, quand tu t’endors, tu crois, Au fond de ton cœur, entendre Le friselis de ma voix Murmurer un verbe tendre, Si le souffle d’un vent doux Vient caresser ton visage Tel un essaim de bisous, Ne vois là qu’un beau présage : Voix et vent sont passion Que...