• Ôte-toi de mon soleil...

     

     

    Midi nous écrasait de sa chaleur torride,

    On entendait au loin les hi-hans d’un ânon

    Quand nous avons fait halte au nord du Parthénon,

    J’étais assis au pied d’une cariatide,

     

    L’air qui montait du sol brouillait le paysage

    Et mes yeux se fermaient alourdis de sommeil,

    Un épervier planait très haut, près du soleil,

    Comme Icare, il risquait de brûler son plumage.

     

    Là-bas sur l’Agora, le grand Anaximandre,

    L’élève de Thalès, que chacun venait voir,

    Disait à Pythagore : « on ne peut tout savoir,

    Non, la gnose n’est rien, l’important c’est d’apprendre ».

     

    Puis j’ai vu courir nu, dans la rue, Archimède,

    Il sortait de son bain et criait « Eureka »

    ­— On ne sait quelle mouche, en ce jour, le piqua —

    Il dansait comme un fou, ne voulant point qu’on l’aide.

     

    Aristarque et Platon discutaient du Timée,

    Quand soudain, s’appuyant sur un bâton noueux,

    Apparut Diogène, aux écrits scandaleux,

    Tenant à bout de bras sa lanterne allumée.

     

    Il errait — non, c’est faux ! Mieux vaut dire qu’il flâne —,

    Disant : « je cherche un homme » à chacun de ses pas

    Et pourtant il savait qu’il ne trouverait pas !

    C’est à ce moment là que me réveilla l’âne.

     

    La bête s’était mise à brailler, comme folle,

    Voyant un autocar qui venait d’arriver ;

    Attristé, j’ai compris : je venais de rêver,

    Socrate et Aristote ont quitté l’Acropole !

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 11 Mars à 10:44

    Les philosophes ont envahi ton rêve Edgard pour quelques heures.......

    Ceci donne un poème de toute beauté qu'aucun ne renierait.........

    Merci pour ces rimes que je lis avec grand plaisir.......

    Tu es le premier à remettre ton texte en ce dimanche.

    Bonne journée Edgard et merci beaucoup pour ce rêve.........

    2
    Lundi 12 Mars à 13:15

    Ah, çà... Ils ont quitté l'Acropole depuis longtemps. On y voit beaucoup de touristes, désormais, et... des cars qui les transportent.

    Joli poème, en effet, comme le souligne Ghislaine. Juste un détail qui m'a chatouillé : pourquoi (hormis pour la rime) le verbe flâner est-il au présent. Sinon, rien à redire, et un thème audacieux qu'accompagnent ces mots imposés.

    Belle journée.

    Fabrice

      • Lundi 12 Mars à 17:23

        Ha, ha, mon cher Fabrice ! Je me doutais en écrivant ce vers que tu allais réagir.

        Non, ce n’est pas uniquement pour la rime car si j’avais écrit ‘flânait’, il me suffisait de lui faire correspondre ‘le Jeunet’ puisqu’il s’agit d’un ânon.

        « non, c’est faux ! Mieux vaut dire qu’il flâne » est une incise parenthétique. Ce n’est pas le rêveur qui parle, c’est une note qui vient en marge du récit, en quelque sorte une N.D.L.R. ; c’est pour cela que je l’ai mise entre tirets d’incise.

        J’ai souhaité ainsi faire un clin d’œil à l’affirmation qui veut qu’un philosophe n’erre jamais mais qu’il flâne, car ‘errer’ sous-entend ‘commettre une erreur’, ce qui est évidemment impensable pour un philosophe !!!

        J’apprécie énormément tes remarques toujours pertinentes et constructives. Elles m’obligent à être vigilant et m’aident souvent à corriger mes erreurs (j’en fait puisque je ne suis pas un philosophe !). Surtout, continue.

        Avec toute mon amitié.

      • Lundi 12 Mars à 23:57

        Avec toi, je sais que je peux me permettre ce type de remarques, je dois t'avouer que je les apprécie également, et, tu ne le sais peut-être pas, mais j'ai beaucoup appris de celles que tu me faisais (et me fais encore, heureusement).

        Maintenant, tout est clair quand à l'emploi du présent pour ce verbe. Tu vois, j'aurais mis instinctivement à l'imparfait, alors que là, avec ton explication, je comprends mieux. Merci.

        Avec toute mon amitié également.

        Fabrice

    3
    Mardi 20 Mars à 13:27

    Un rêve fort agréable , j'aurais bien aimé voir surgir aussi tous ces philosophes  lors de ma visite à l'acropole . Bravo pour le défi et les explication donnée à Fabrice 

    Bonne journée 

      • Ed.
        Samedi 24 Mars à 10:08

        Merci Jazzy,

        Il n'est pas nécessaire d'aller sur l'Acropole pour rencontrer tous ces philosophes. Il suffit de fermer les yeux...

    4
    Mercredi 21 Mars à 20:51

    bravo , un défi bien relevé avec ce poème. j'aime

      • Ed.
        Samedi 24 Mars à 10:09

        Merci Jacotte,

        Tout est prétexte à "poétiser", et principalement en rêve.

    5
    Vendredi 23 Mars à 20:54
    Mandrine

    un bien joli poème qui nous entraîne dans un bien joli rêve 

    merci pour ce partage

    défi rondement mené 

    bonne soirée 

    amicalement

    Mandrine

      • Ed.
        Samedi 24 Mars à 10:11

        Merci Mandrine,

        Plus le rêve est joli, plus le réveil est difficile !

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