• Méprise

     

    Cela fait quelques mois,

    Peut-être deux ou trois,

    Qu’habite à mon étage

    Un bien joli minois.

     

    Pouvais-je rester sage ?

    L’autre jour, en partage,

    Nous prenons l’ascenseur,

    Fort serrés dans la cage.

     

    Son corps a la senteur

    D’une amourette-en-fleur,

    Et son parfum m’enivre,

    Me met tout en sueur.

     

    Ma raison est perdue,

    Ma volonté fondue.

     

    A ses longs cheveux blonds,

    Ses petits seins mignons

    Et sa bouche-cerise,

    S’ajoutent d’autres monts.

     

    Goûtant fort ma franchise,

    La belle m’autorise…

    Avez-vous deviné ?

    Soudain, une surprise :

     

    Je fus fort étonné,

    Disons-le mot : gêné,

    De l’entendre me dire :

    « Appelle-moi René ! »

     

    Eh oui ! la damoiselle

    Était un « Il », pas « Elle » !    


  • Commentaires

    1
    Samedi 3 Mars à 00:36

    Encore un poème audacieux, sur le plan de la forme. Je ne connais pas cette forme-là (est-ce une invention ?), très intéressante à travailler je suppose, d'apparence facile, pourtant, ils ne se laissent pas si aisément dompter, les vers de 5 pieds. Pourtant aussi, cette disposition des rimes, il faut savoir la tenir sur 28 vers ! Je remarque au passage qu'il y a 2 rimes isolées ("enivre" & "dire").

    Quant au fond, ton poème n'est pas moins intéressant. Surprise... Méprise... Oui, on peut comprendre la gêne. Et même si le prénom René ne révèle son genre qu'à l'écrit, ça passe, parce que sa version féminine est quand même plus rare (surtout de nos jours).

    Le thème m'a immédiatement fait penser à un texte que j'avais écrit, et que, si tu le permets, je partage avec toi :

     

     

    LA BELLE CHARLOTTE

    © 2015

     

    Si belle et féminine,

    Élégante et glamour,

    Prometteuse féline,

    Elle inspire l'amour

    Aux hormones du mâle...

    Conséquence normale !

     

    Dans le jour, on ne voit

    Que sa vénusté fine,

    Dans la nuit, on ne voit

    Que sa splendeur divine ;

    Les autres filles n'ont

    Plus ni tête ni nom !

     

    Charlotte les évince,

    Charlotte les défait,

    Elle, qui cherche un prince

    Les affole... En effet,

    Chacune est vigilante

    Face à l'affriolante !

     

    Si les hommes ne sont

    Que des hommes, Charlotte

    Connaît bien leur chanson,

    Leur bagout, leur parlotte...

    Auraient-ils persisté,

    Sachant la vérité ?

     

    De son enfance en Arles,

    Qu'a-t-elle à raconter ?

    Qui pourrait se douter

    Qu'elle s'appelait... Charles !

     

     

    Fabrice

      • Lundi 5 Mars à 10:35

        Bonjour Fabrice,

        Il y a effectivement une certaine analogie entre nos deux textes. Comme quoi les grands esprits... 

        En ce qui concerne la forme, il s'agit d'un double "Malaysian Wave Sonnet", forme peu (voire pas du tout) connue en français mais affectionnée par les anglophones. Le "Malaysian Wave Sonnet" est une création de Jose Rizal M. Reyes, poète actuel originaire des Philippines, que certains n'hésitent pas à comparer à Shakespaere !

        Je me suis permis une grande audace en y introduisant deux vers orphelins (ou, comme tu l'as dit, des rimes isolées mais qui, de ce fait, ne sont pas des rimes ! On parle à tort parfois de rimes orphelines). On en trouvait dans les chansons de geste, ils ont été bannis par la suite et reviennent aujourd'hui. Alors, pourquoi pas ? Il est évident que ce double sonnet n'est pas une forme fixe "officielle".

        Merci de ta lecture attentive.

         

         

    2
    Lundi 5 Mars à 22:03

    Effectivement, on tombe de haut, la chute est rude. Un poème rondement mené. Je ne suis pas très bonne en poésie alors je ne me risquerai pas à parler de la forme (sourire).

    Beaucoup aimé aussi le poème de Fabrice.

      • Mercredi 7 Mars à 21:39

        @ Armonta :

        C'est très gentil de m'avoir rendu une petite visite.

        La forme n'est importante que dans la mesure où elle suscite une discussion entre "techniciens". Mais il n'est pas nécessaire de connaître le solfège pour apprécier la musique n'est-ce pas !

        A bientôt peut-être.

         

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :