• Le vase de Soissons

    Avertissement : L'histoire "officielle" a souvent été arrangée à la convenance des puissants de ce monde. 
    Nous essayons ici de la reconstituer telle qu'elle était... ou presque  !
    A noter que nous n'avons absolument aucun rapport avec la série "Secret d'Histoire" de S. Bern !

    Le fils de Childéric, un jour quitta Tournai 
    Et se rendit à Reims, chevauchant un poney ; 
    Délaissant son pays, il avait mis les voiles 
    Pour le divin confort d'un autel cinq étoiles. 
    Ce fut la seule fois, pour être honnête et franc, 
    Que l'on vit un évêque officier pour un Franc, 
    Et même, qui plus est, lui donner le baptême. 
    « Voulez-vous, Chlodowig, encore un peu de Chrême ? 
    Juste un petit chouia ? », lui demanda Remi. 
    Et Clovis de répondre : « Non merci, mon ami, 
    J'ai reçu pour l'instant bien assez d'aromates 
    Parfumant à l'excès cette eau que vous versâtes ; 
    Non ! Gardez, lui dit-il, ce précieux onguent 
    Car chez nous, en Belgique, à Mons, à Liège, à Gand, 
    Nous préférons le beurre à votre huile d'olive. 
    Mais lâchez, s'il-vous-plaît, cette innocente grive...» 
    - « Ce que vous dites grive est colombe, pardi, 
    Et cet oiseau nous vient tout droit du paradis. » 
    - « Voyez-vous, cher Remi, ma Clotilde est méfiante, 
    Car l'autre jour elle eut, sur sa robe, une fiente 
    Que même avec Sunlight ne put faire partir, 
    Or prévenir vaut mieux, comme on dit, que guérir... 
    Alors, fort en colère, elle brisa le vase...» 
    Clovis, interrompu, n'acheva pas sa phrase 
    Car l'évêque lui dit : « Vous me faites penser : 
    Si, par un pur hasard, vous veniez à passer 
    Dans notre Soissonnais, ce serait sympathique 
    D'aller quérir pour moi le vase liturgique 
    Qu'en sa cure détient le bon abbé du lieu ; 
    Présentez-vous à lui comme envoyé de Dieu 
    Dès lors, il ne pourra que déclore son coffre 
    Et mieux que de le vendre, au contraire, il vous l'offre ! » 
    C'est ainsi qu'un matin, notre bon Franc salien 
    Se rendant à Soissons, acquit pour moins que rien 
    De l'humble cureton, la célèbre potiche 
    Mais pendant le retour, sa chère et douce biche, 
    Piquant une colère, on ne sait trop pourquoi, 
    Cassa l'objet sacré sur la tête du roi. 
    Ne voulant avouer les querelles intimes 
    Dont les hommes souvent sont les pauvres victimes, 
    Chlodowig convoqua d'excellents troubadours 
    Pour créer un récit que Grégoire de Tours 
    A rédigé plus tard afin qu'il se répande... 
    Et voilà comment naît souvent une légende ! 

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Août à 13:38

    C'est excellent Edgar, de l'histoire narrée de cette façon là, j'en veux bien tous les jours.

    Bises et bon vendredi

     

     

     

     

      • Ed
        Vendredi 10 Août à 15:28

        Merci Zazarambette (Elisabeth ?), j'y penserai mais "tous les jours", c'est un rythme difficile à soutenir si je veux que mes alexandrins soient bien construits.

        "Bises et bon vendredi"... il y a redondance car grâce à tes bises, mon vendredi sera évidemment bon !

        A bientôt,

        Ed.

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