• La veuve

     

    Cinq ou six vieux corbeaux, serrés sur une branche,

    Curieux et surpris, un moment, se sont tus

    Quand l’orateur prêta tant et tant de vertus

    à ce mort qui gît-là, couché sous une planche.

     

    La veuve, un ange noir, avance sans un pleur,

    Et sur le grand trou sombre, alors elle se penche

    Pour jeter le serment d’une dernière fleur,

     

    Dans leurs habits de drap qu’ils mettent le dimanche

    Et que pour faire honneur, les gens ont revêtus,

    Tous, grelottant de froid et leurs cols rabattus,

    Veulent se protéger de la tempête blanche.

      

    On dirait qu’un artiste a peint en camaïeu

    Et, quoi que ce ne soit ni l’instant, ni le lieu,

    On ne peut s’empêcher de tomber sous le charme.

     

    Sous un voile léger qui masque son tourment,

    L’épouse laisse entendre un sanglot, une larme,

    Avant de s’en aller rejoindre son amant.

     


  • Commentaires

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :